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L’imprimerie à la vitesse du monde d’aujourd’hui

juillet 10, 2012

L’e-commerce par le Web-to-print, l’impression numérique par les hautes vitesses du jet d’encre, les tablettes numériques, les smartphones, les médias sociaux modifient progressivement le paysage concurrentiel de l’industrie graphique. D’une économie de production de masse, l’imprimerie se retrouve confronter à répondre comme la majorité des autres industries d’ailleurs, à une économie mettant en avant la personnalisation de masse avec des cycles de décision, de production et d’innovation de plus en plus courts.

Figure 1 : Production de masse versus Personnalisation de masse.

John M. Bernard dans son ouvrage intitulé : « Business at the Speed of Now: Fire up Your People, Thrill Your Customers, and Crush Your Competitors[1] » met alors l’accent sur l’importance pour ces entreprises à comprendre cette nouvelle économie et à agir sur elle à une vitesse appropriée. Il note que « les entreprises doivent apprendre à fonctionner dans le plus grand bouleversement économique jamais connu. La révolution de production de masse (d’alors) a permis aux entreprises de livrer le même produit à des millions de clients. La révolution de la personnalisation de masse exige (à présent) que nous fassions varier nos produits et nos services pour répondre aux besoins uniques de nos clients qu’ils demandent tout, tout de suite. » Les entreprises doivent agir rapidement, sinon elles courent le risque de perdre devant des concurrents plus agiles. Elles doivent ainsi conduire leur entreprise à la vitesse du monde d’aujourd’hui.

Dans ce nouveau monde, trois facteurs clé de changement permettent, selon l’auteur, à n’importe quelle  organisation de croître et de prospérer : les médias sociaux, le cloud computing, et intégrer « la façon de penser de la génération Y ». Ces trois facteurs vont profondément bouleverser le monde de l’imprimerie.

Les médias sociaux

Les médias sociaux créent des communautés puissantes en connectant des gens à l’intérieur et à l’extérieur d’une organisation. Beaucoup de professionnels de l’industrie graphique s’interrogent et se demandent comment les médias sociaux s’appliquent à leur domaine d’activité. John M. Bernard donne un exemple concret avec la place de marché 99designs.com qui relie à travers 192 pays des entreprises à 140 000 graphistes qui créent des sites Web, des logos, etc. Grâce à cette initiative, les petites entreprises qui n’ont pas toujours accès à des ressources créatives pour la création de leur logo, la mise en page de leurs documents marketing etc. profitent de la mise en concurrence de ces maquettistes par ce site pour se voir offrir plusieurs propositions à des coûts très compétitifs. 99designs.com est une parfaite illustration de la façon dont une communauté peut réunir intelligemment des acheteurs et des vendeurs du secteur des industries graphiques.

InfoTrends a posé à des imprimeurs quelques questions sur leur utilisation des médias sociaux au sein de leur activité. Sur les 192 imprimeurs interrogés, 37% ont indiqué qu’ils utilisaient actuellement les médias sociaux dans leurs entreprises. Ce qui est un chiffre important compte tenu de l’apparition récente de ces nouveaux moyens de communication. Dans le même temps, 34% ont répondu que non mais qu’ils envisageaient de le faire dans un avenir proche.

Figure 2 : Utilisez-vous actuellement les médias sociaux (par exemple, les blogs, microblogs, réseaux sociaux) dans votre entreprise?

Les prestataires de service d’impression utilisent les médias sociaux pour consolider leur marque et se connecter avec leurs clients. Dans un monde qui fonctionne à la vitesse du tout, tout de suite, rester connecté et bâtir des communautés de clients fidèles seront essentiels.

Figure 3 : Quels sont les trois principaux objectifs de votre entreprise à l’utilisation des médias sociaux?

En France, les imprimeurs commencent aussi à s’intéresser pleinement à ces nouveaux médias. Dernièrement, le groupe d’imprimerie francilien Copy-Top, par exemple,  déjà très actif sur le web et les réseaux sociaux n’a pas hésité à organiser un jeu autour de Printerest, le nouveau réseau social dont tout le monde parle pour partager ses créations et ses trouvailles.  Ce jeu relayé sur le blog et la page Facebook du groupe permet à l’imprimeur de renforcer ses liens avec ses clients et de promouvoir ses produits et ses services.

De nombreux autres imprimeurs français en ligne mais aussi de labeur utilisent intelligemment les médias sociaux. L’imprimerie Léonce Deprez partage sur son blog une enquête très intéressante sur les attentes des éditeurs vis-à-vis des nouvelles opportunités offertes par l’impression numérique. Colin Frères imprimeurs communiquent sur de nouveaux supports d’impression. Opéra Print présente son QR code (ou flascode). De nombreux autres exemples sont accessibles sur la page netvibes de « YAT & Print media ».

Le Cloud Computing

Selon le National Institute of Standards and Technology (NIST), le cloud computing[2] est l’accès via le réseau, à la demande et en libre-service, à des ressources informatiques virtualisées et mutualisées[3].

Le concept de cloud computing ou d’informatique dans le nuage est comparable à celui de la distribution de l’énergie électrique. La puissance de calcul et de stockage de l’information est proposée à la consommation par des entreprises spécialisées et facturée d’après l’utilisation réelle. De ce fait, les entreprises n’ont plus besoin de serveurs dédiés, mais confient le travail à effectuer à une entreprise qui leur garantit une puissance de calcul et de stockage à la demande.

Aujourd’hui, ce concept arrive en force dans les industries graphiques notamment au travers les solutions Web-to-print proposées sur le marché. Hébergées par le fournisseur de service et sous forme d’un service en mode Saas (Software as a Service), ces solutions comme Apogee StoreFront, DMS Symagine, Printflux, Hiflex ou encore NowPrint permettent aux imprimeurs d’aborder ces nouvelles solutions sans engager de lourds investissements en termes d’infrastructure, sans se soucier des difficultés inhérentes à la gestion de serveurs, à la mise à jour des applications etc.

Figure 5 : Architecture de la solution HIFLEX Cloud

La CNIL a publié récemment une synthèse et ses recommandations pour les sociétés qui souhaitent souscrire à ce type de service. Ces  recommandations permettront sans aucun doute aux imprimeurs avant-gardistes de structurer leurs appels d’offres et d’évaluer les différents prestataires Web-to-print sous un nouvel angle :

Mais le plus important … tenir compte de l’arrivée  de la génération Y

Selon Bernard, « Alors que les médias sociaux et les services basés sur le cloud sont essentiels, le facteur qui aura le plus grand impact dans les années à venir est l’arrivée sur le marché des enfants du millénaire, la génération Y. Contrairement aux générations précédentes, cette génération n’a jamais attendu quoi que ce soit. Habituée à utiliser les médias sociaux et tous les nouveaux outils de communication, cette génération aura une influence profonde sur les lieux de travail et le marché. »

L’accélération ou la culture de la vitesse continuera à avoir un impact substantiel sur le secteur de l’imprimerie. Si les gens de la génération Y ne peuvent pas obtenir ce qu’ils veulent quand ils veulent, ils iront voir ailleurs. Ils sauront probablement aussi dire à leurs amis que tel imprimeur ou tel autre ne peut pas leur offrir ce dont ils ont besoin en temps opportun. Cela met en évidence le fait que toutes les facettes de l’accessibilité, de la personnalisation, de la facilité d’utilisation, et du délai devront être réévaluées dans le modèle des livraisons des imprimeurs auprès de leurs clients. Cela se traduira sans doute par un ré-outillage de l’imprimerie pour les consommateurs du millénaire.

L’essentiel

Le livre de John M. Bernard est résumé dans un graphique simple que tous les imprimeurs devront intégrer à leur stratégie.

Figure 6 : Fidélisation de la clientèle de la génération Y

Pour répondre aux besoins des acheteurs de la génération Y (que ce soit en B2B ou B2C), la filière graphique devra trouver les moyens de répondre oui en fournissant aux consommateurs de la génération Y exactement ce dont ils ont besoin aussi rapidement que possible.

BIOGRAPHIE

Business at the Speed of Now: Fire Up Your People, Thrill Your Customers, and Crush Your Competitors

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WhatThey Think? : Business at the Speed of NOW: Implications for the Printing Industry


[1] Que l’on peut traduire en français par « le business à la vitesse d’aujourd’hui : gonflez à bloc vos gens, faites vibrer vos clients, et assommez  vos concurrents »

[2] On rencontre également les francisations informatique virtuelle, informatique dans le nuage, informatique en nuage, informatique dématérialisée, stockage dans les nuages, stockage à distance ou encore infonuagique.

From → - Stratégie -

One Comment
  1. Cher Yves,

    Tu évoques avec pertinence quelques tendances lourdes prises par nos sociétés : accélération, ultra-personnalisation, outils de mise en relation et d’agrégation en communautés, outils de consommation de produits en tant que services, comportement des consommateurs.

    On pourrait compléter avec bien d’autres orientations : mondialisation, passage d’une économie de stocks à une économie de flux, début d’une prise de conscience collective des limites physiques de la planète, désintermédiation, etc…

    Ces considérations touchent tous les secteurs économiques, pour ne parler que des activités marchandes. On pourrait aussi étendre cette discussion aux secteurs non marchands.

    Si la filière graphique est tout particulièrement concernée par les bouleversements en cours (pour les raisons que tout le monde connaît ou imagine – pas la peine de les rappeler ici), je crois qu’appréhender ces mutations selon un schéma de pensée traditionnel ne sera pas suffisant pour accompagner les acteurs de la branche – imprimeurs, papetiers, éditeurs, etc… – vers des scénarios où ils retrouveraient sérénité et profitabilité.

    En d’autres termes, il est insuffisant de parler de relais de croissance ; il est inutile de se contenter d’échanger de bout de lorgnette. Il faut jeter la lorgnette à la poubelle et reconsidérer dans son intégralité l’ensemble de la chaîne de valeur, ainsi que le rôle et la responsabilité économique et sociétale de chacun des acteurs concernés.

    Quelques entreprises le font, et certaines avec brio et succès. Des solutions existent, différentes pour chacune des entreprises qui voudra bien se prendre en main.

    D’autres entreprises, bien plus nombreuses, se réfugient soit dans le déni de la réalité, soit dans la paralysie de l’action. Et bien souvent les institutions sont en retard de deux trains, par incompréhension des mutations ou par intérêt. Souvenons-nous d’ailleurs de l’étymologie du mot, il ne plaide pas en faveur de l’innovation et de l’imagination.

    Il nous appartient, à nous qui accompagnons les entreprises et le secteur vers les opportunités et les succès de demain, de conjuguer hauteur de vue et pragmatisme, analyse et prospective, créativité et réalisme.

    Sans oublier le fondement de nos actions : l’économie est au service de l’homme, et non pas l’inverse.

    Jean-Philippe Behr

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